Alcool Fort

Après un mois d’abstinence pour respecter le « dry january« , je m’autorise enfin à consommer un peu d’alcool (cocktail, bière ou vin).

alcool

Ce mois sans alcool, combiné à ma pratique de la course à pied, fut une expérience intéressante.

L’alcool et le sport ont réputation de ne pas faire bon ménage, et c’est vrai qu’au moins pour la course à pied, il n’est pas conseillé de boire quelques jours avant une épreuve. Boire de l’alcool dessèche l’organisme, alors qu’être suffisamment hydraté est essentiel, en particulier au départ d’un semi ou d’un marathon.

C’est la raison pour laquelle je ne bois pas d’alcool les weekends de compétition. J’avais même décidé en 2015, l’année de mon premier marathon de Paris, de ne pas boire une goutte d’alcool entre le 1er janvier et le jour de la course — cela fait quand même plus de 100 jours d’abstinence ! Un « exploit » que je n’ai cependant jamais cherché à répéter pour les marathons suivants…

Alors que je m’autorise ce petit plaisir (avec modération), je me rends compte que l’intoxication dont je suis victime est d’une tout autre nature. Je me suis en effet abstenu de boire la moindre goutte d’alcool ces derniers 31 jours sans plus de problème que quelques moments d’incompréhension dans mes activités sociales. Donc apparemment pas de problème d’addiction alcoolique.

L’addiction est ailleurs…

A l’occasion d’une sortie longue ce samedi le long de la coulée verte Sud (mon espace de jeu habituel du weekend), j’ai eu le plaisir de croiser un coureur avec qui j’ai pu échanger pendant quelques kilomètres. Il m’a annoncé préparer un marathon en Avril (Nantes), après avoir couru Paris, La Rochelle, et Poitier. Moi même je lui ai avoué avoir couru Paris, Valence et Vérone, et être tenté également de courir un marathon au printemps. La question m’a frappé: pourquoi projeter sans cesse de courir encore un marathon, quand on a déjà prouvé à ses proches et surtout à soi-même qu’on est capable d’en courir un ?

Le voilà donc cet alcool fort. Pour un coureur, courir, cela n’est rien, mais courir un marathon, avec ce que cela impose de sacrifices, de longues préparations, de sorties sous la pluie, dans le vent et le froid, et de douleurs au long de ses 42 kilomètres, voilà la vraie drogue dangereuse, et jouissive !

Courir un marathon, n’est-ce pas prendre le risque d’obérer l’avenir, en abrégeant d’un an sa capacité à courir dans les années futures ? Avec son plan de préparation de 700 km et 50 sorties en 3 mois, puis ses 42 km de souffrance sur la route, qui peut en effet prétendre que ces impacts répétés sur les articulations n’auront aucun effet plus tard lorsque le corps commencera à nous faire payer les souffrances qui lui ont été imposées ?

La raison devrait donc nous dicter ce message de modération : c’est bon, j’ai couru un marathon, j’ai pu me prouver que j’en suis capable. Il est maintenant temps d’être raisonnable et d’imposer moins de souffrance à son corps. Mais l’addiction nous dicte une envie de nous lancer un nouveau défi, un nouvel objectif, aussi dur lors de sa préparation et son déroulement, que délicieux après l’avoir fini : un nouveau marathon.

Est-ce une si mauvaise chose ?

Certes, quelques études vantent régulièrement la bonne influence du marathon sur le cœur et les artères, mais tout autant d’études essaient de prouver que courir une telle distance est mauvais pour le cœur (ce qui semble contesté par le corps médical). Pour ce qui est de l’impact squelettique et ligamentaire négatif, il est cependant indéniable si on considère le nombre d’antalgiques, de consultations de podologues et  d’experts en articulation, en inflammation, en rupture de ligaments, et autres rhumatologues que la pratique régulière de la course à pied induit.

Alors le marathon, un alcool fort ? Certainement !

Cependant, j’ai la solution: personne ne nous interdit de consommer de l’alcool à partir du moment où nous en assumons les conséquences. Faisons la même chose pour le marathon: que les autorités sanitaires mettent en place par une « taxe sécu » pour tout coureur inscrit à un 42 km, au même titre que celle qui touche le consommateur de vodka, afin de nous permettre, nous autres pauvres drogués de la course à pied, de jouir avec délectation de notre drogue violente !

A propos nicolasmercouroff

Apprenti marathonien (http://running-blog.xyz) Apprenti cultivateur de framboises (https://raspicolas.wordpress.com) Apprenti photographeur (http://latestandgreatest.org)
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