Un lièvre, un lévrier, et quelques inconnus au Marathon de Paris 2018

Le 8 avril j’ai eu le plaisir de faire une vingtaine de kilomètres au Marathon de Paris 2018 en accompagnant William, qui est devenu à cette occasion FINISHER !

Fort de ma modeste expérience (3 Marathons de Paris terminés, et un autre sur lequel j’avais déjà accompagné un ami pendant une vingtaine de kilomètres), j’ai eu l’honneur de remplir sur cette course inoubliable mon rôle de lièvre, voire de coach du moment : aller chercher les boissons et les bananes aux ravitaillements, prévenir mon poulain des épreuves à venir (montées, virages, pavés, etc.), porter ses bouteilles, et bien sûr l’encourager voire même l’engueuler quand l’épreuve durcie et le corps lâche…

Comme expliqué dans mon dernier post, nous avons donc convenus préalablement William et moi de nous retrouver en ce fameux dimanche d’Avril juste après La Bastille, au virage avant les quais. Devant nous: encore 19 km de plaisir et de douleur à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée, que William sera le seul de nous deux à pouvoir franchir puisque je n’ai pas pris de dossard cette année.

Pour ce qui est de l’effort, de mon coté c’est bien sûr bien plus facile que pour William : avec 23 kilomètres de moins dans les pattes ! J’ai donc couru ces 19 km au même rythme que mon protégé, à 5:52 du kilomètre.

Capture d'écran 2018-04-15 19.07.16

Seule difficulté: au ravitaillement du 25ème kilomètre, j’annonce imprudemment à William que j’accélère un peu pour récupérer de quoi le sustenter. Les provisions faites, je l’attends à la sortie des stands. Une minute d’attente, pas de William. Deux minutes d’attente, toujours rien. Au bout de trois minutes, je me convaincs que mon poulain est probablement déjà passé, et qu’il me faut le rattraper sans délai.

Je fonce donc, zigzagant entre les coureurs, pour essayer de retrouver mon protégé. Les kilomètres s’enchainent, et je ne l’aperçois toujours pas. Est-il bien devant moi, ou bien loin derrière ? C’est l’angoisse classique du lièvre : où est mon lévrier ?

Finalement j’aperçois enfin William devant moi, à mon grand soulagement. Je peux alors l’accompagner dans les derniers kilomètres les plus difficiles. Et j’ai le plaisir de ne pas m’occuper que de mon protégé : en souvenir des encouragements reçus l’année dernière alors que j’étais à la dérive sur cette même course, je peux essayer d’aider les inconnus en difficultés d’une tape dans le dos et d’un mot d’encouragement.

A une poignée de kilomètres de l’arrivée, je vois William les yeux rivés sur sa montre, ce dont je m’inquiète. Il me fait part de sa préoccupation: il est tout près de finir en moins de 4 heures ! …et quatre heures, c’est ce qui sépare ceux qui parviennent à maitriser l’obstacle, de ceux qui le subissent. Nous décidons donc de concert de mettre les gaz pour finir dans le temps espéré. Je me cale donc sur le rythme de 6 minutes de kilomètres, William courageusement accroché à mes Mizuno.

Au 42ème, les organisateurs me font signe pour que je quitte l’épreuve: sans le graal du dossard, je n’ai bien sûr pas le droit de franchir l’arrivée. Je laisse donc mon poulain sur les 195 derniers mètres !

Au final, j’ai le grand plaisir d’avoir accompagné William jusqu’à la fin de son premier marathon, pour qu’il entre de plein pied dans la catégorie des humains qui ont l’honneur d’être FINISHERS (d’un marathon). De plus, cerise sur le gâteau, il a fini en 3h57 ! Moins de 4 heures pour son premier marathon, chapeau !

…et dernière satisfaction: William a tellement apprécie (ou tout au moins, a tellement oublié ses douleurs des derniers kilomètres), qu’il m’a annoncé s’être inscrit pour 2019 !

Quant à moi, le plaisir de suivre un marathonien a permis d’effacer la frustration de ne pas avoir pu courir le moindre marathon depuis le Marathon de Paris 2017. C’est toujours une course spéciale tellement prenante, et je piaffe d’impatience de pouvoir à nouveau courir 42 kilomètres !

Rendez-vous le 2 décembre ?

 

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A propos nicolasmercouroff

Apprenti marathonien (http://running-blog.xyz) Apprenti cultivateur de framboises (https://raspicolas.wordpress.com) Apprenti photographeur (http://latestandgreatest.org)
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Un commentaire pour Un lièvre, un lévrier, et quelques inconnus au Marathon de Paris 2018

  1. Pallandre dit :

    Valence te tends les bras. Arriba ! Ch.

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