Un marathon, des zombies et quelques fantômes…

Récit de mon 2ème Marathon de Paris

31681083A l’aise, blaise

Le 3 Avril 2016 s’est déroulé le 40ème Marathon de Paris. Et j’avais prévu de le courir : c’était le deuxième marathon de ma vie (et j’espère pas mon second !)

Me voici donc ce dimanche matin sur les Champs Elysées à 8h30, prêt à entrer dans mon sas des… 3h30 — et oui, j’ai été un peu optimiste sur ce coup, quand je me suis inscrit !

Cette année, je me suis paré du t-shirt officiel de mon club, l’ASPHALTE 94, aux couleurs blanches et vertes… Un T-Shirt qui finira certainement trempé, car la météo s’annonce bien plus chaude que l’année dernière: 19°C à partir de 11h ! Il va falloir s’hy-dra-ter comme dit mon coach Daniel.

IMG_2924A quelques minutes du départ

Au coup de pistolet (à 9h00, donc), je retrouve l’émotion intacte des premiers hectomètres sur les Champs. Est-ce toujours la même chose après 15 marathons ? En tout cas, même pour le deuxième, les 600 km de sorties dans le froid et l’humidité de l’hiver me reviennent en tête, et c’est dans ces premières minutes un sentiment de fierté d’être là qui remonte…

Cette fois-ci, je me cale sur 5’10 du kilo. C’est bien optimiste, quand on sait que l’année dernière j’avais péniblement réussi à faire du 5’29 en moyenne. Cependant, c’est bien l’objectif secret que je me suis fixé : terminer en 3h38, ce qui correspond pile-poil au rythme de 5’10” au kilomètre… Advienne que pourra !

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J’attaque les fameux « Champs en descente », Rivoli, Bastille, Faubourg Saint-Antoine, puis la plongée vers la Porte Dorée : les souvenirs de l’année dernière remontent. Je rentre dans le Bois de Vincennes (pas de pause pipi cette année), pour une petite boucle pour le moment bien agréable.

Puis retour dans Paris, Daumesnil, Bastille, les kilomètres défilent (18, 20, 23…), mais tout va bien encore — merci aux entrainements et aux sorties longues avec le club !

Je retrouve Pierre au virage avant les quais. Pierre me servira de lièvre cette année (j’avais été son lièvre sur la même portion il y a 2 ans). Il a piétiné 30 minutes en m’attendant — lièvre sur le marathon, c’est vraiment une sinécure ! Je lui abandonne mon bandeau, devenu bien trop chaud pour les 19°C atteints comme prévu dès 11h…

Puis viennent les rives de la Seine et les tunnels, où les choses avaient commencé à se gâter l’année dernière. Il n’en est rien pour le moment, et j’arrive à tenir un rythme de 5:00 à 5:10 du kilo sans forcer. Je me permets même des pointes involontaires à 4’30” du kilo, me laissant emballer par ma musique (Circus Bell, vraiment très entrainant) jusqu’à que j’entende mon lièvre me rappeler à l’ordre avec justesse… Vais-je terminer ce marathon comme une fleur ? Hélas non, comme la suite le montrera !

Aux alentours de la Maison de la Radio, je retrouve enfin des amis venus me soutenir: JR, Emmanuelle et Paul. Cette année, ils ont tout prévu, et sont venus armés chacun d’une trottinette… avec laquelle ils entreprennent de me suivre sur des roulettes ! J’ai juste le temps de taper dans les mains de Paul, avant la plongée vers… the walking dead.

Les 30èmes kilomètres rugissants arrivent en effet rapidement et nous franchissons la Porte de l’Enfer, surnommée « la Porte d’Auteuil », qui nous mène au Bois de Boulogne, lieu de toutes les perditions… Eh oui, je me rappelais que l’année dernière ces boucles avaient été très difficiles, mais j’avais occulté pourquoi: mes jambes ! J’ai de plus en plus de mal à pousser sur les pieds à chaque pas, me contentant de ramener les jambes vers l’avant en espérant que la gravité fasse le reste.

Des bassines d’eau rythment maintenant chaque étape du chemin (de croix) pour luter contre la chaleur qui devient oppressante. J’hésite à me renverser une de ces bassines sur le crâne, ou me plonger la tête dedans. Je me contente de m’y arroser les cheveux et les épaules.

35, 36, 37 km… à partir de là les organisateurs égrènent les kilomètres, sachant très bien que c’est une souffrance pour tous de les voir défiler si lentement. Voici l’allée de Longchamp, puis la Route de Suresnes. On aurait pu les appeler la « Route de Verdun« , tellement on voit de victimes zigzagant le long de la route.

Je me joue en boucle Circus Bell dans les oreilles, comptant sur son rythme trépidant pour me faire à nouveau décoller. Mais cette fois-ci, le dopage audio ne marche plus et je reste collé à l’asphalte. J’abandonne mes lunettes, espérant trouver un nouveau souffle dans le spectacle autour de moi…

Mais le spectacle devient dantesque, chaque coureur sur ces derniers kilomètres semblant être face à son destin: courir ou se transformer zombie… C’est à ce moment là que m’apparait, tel un fantôme surgit de nul part, un meneur d’allure pour 3h30 ! Que fait-il là ? De toute façon, impossible de m’y accrocher. Puis un autre fantôme me double encore, porteur d’une même flamme de 3h30. Sont-ils réels ou l’effet de mon cerveau déjà privé d’oxygène ?

40, 41, 42 km… mais que c’est long ! Et je perds 5 secondes au kilo à chaque kilomètres: 5’10”, puis 5’15”, 5’20”, 5’25”. Si ça continue, je finirai par faire du sur-place !

Enfin, les 195 mètres qui me séparent de l’arrivée, parcourus au radar… puis la délivrance d’avoir franchi la Porte du Paradis (qui jouxte donc l’Enfer…) Et là, joie suprême, je peux enfin arrêter de courir !

Au bilan: ma montre m’annonce 3h39m28s, soit 5’11 du kilo — j’ai du mal à le croire, tellement les derniers kilomètres ont été une souffrance. Mais très heureux de mon temps: un quart d’heure de mieux que l’année dernière ! (et il est vrai, une aponévrose en moins…)

MARP16-MERCOUROFF-Nicolas

Et voila. Deux marathons au compteur. La routine ? Certainement pas ! Heureux ? Bien sûr ! Pensez-donc, un PR (Personnal Record) amélioré de 15 minutes ! Et si c’était à refaire ? Bien sûr ! Je viens de m’inscrire au Marathon de Paris 2017 !

Ready for further punishment…

-Nicolas

Quelques liens:

Capture d'écran 2016-04-10 18.56.57Ma course « vue d’un drone »

Les dernières heures de ma préparation

Récit de mon premier marathon

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A propos nicolasmercouroff

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4 commentaires pour Un marathon, des zombies et quelques fantômes…

  1. hkabla dit :

    Bravo, très fier de ta prestation! j’imagine assez bien le calvaire final…

    J'aime

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